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C’est au cours d’un travail de photographie thérapeutique que Catherine Jubert-Asencio a découvert la force projective et la puissance émotionnelle des images et qu’elle a pu entamer ce dialogue d’outre-tombe avec les milliers de photographies de famille qu’elle collectionne depuis plusieurs années. De ce tête à tête à travers le temps est né le projet « Cryogénie ».

Pour quelles raisons ces photographies achetées aux enchères ont-elles été abandonnées, laissées entre des mains étrangères ? Ne comptaient-elles vraiment plus pour personne ? Allaient-elles définitivement sombrer dans le néant ?

En regardant les images d’inconnus, délavées, rongées par le lent travail de sape des années, parfois jusqu’à l’effacement, elle s’interroge sur la persistance du souvenir et ses différentes mutations. Ces voyageurs oubliés du temps circulant dans de vieilles valises en carton seront-ils tous, un jour, voués à la disparition ? Quels souvenirs nos images de papier glacé continueront-elles à véhiculer dans l’esprit de nos descendants ?

Le projet « Cryogénie » explore et interroge les processus temporels de la mémoire et du souvenir au travers du lent travail de l’eau et de la glace sur les images.  Dans un double mouvement contraire de conservation et de destruction, de réminiscence et d’oubli, d’occultation et de révélation, la glace sculpte corps et visages, leur redonne une seconde vie, les recouvre d’une nouvelle peau translucide et rend sensible le passage du temps devenu matière.

Par le miracle combiné de la photographie et de la cryogénie, les oubliés de la valise ou du carton à photos deviennent à nouveau immortels.